Et si on repartait ensemble sur les routes ? Ca faisait un moment que je voulais me faire les Pyrénées et après avoir vu qu’il me restait des congés à purger avant fin mai et avoir repris contact avec ma fidèle bande de barlous des routes, certains n’auront pas mis longtemps pour signer, pour d’autres, c’était malheureusement trop tard.. ca m’apprendra à m’organiser comme une quiche.
Ici je t’emmènes donc pour un roadtrip de 5 jours, une sorte de trans-pyrénéenne entre potes, + 3 jours de liaisons 100% moto.
Sommaire
- Jour -1 – Direction la Charente.
- Jour 0 – L’heure des retrouvailles.
- Jour 1 – direction Espelette et début de notre Trans-pyrénéenne.
- Jour 2 – Col de Larrau, la Pierre Saint-Martin, col du Somport, col du Pourtalet.
- Jour 3 – Un peu de tourisme, un gros détour.
- jour 4 – Y’a des jours sans..
- Jour 5 – Un peu de magasinage, un tour en canicule puis un retour vers l’ariège.
- Jour 6 – Ca sent la fin…
- Jour 7 – L’ardèche, les Baronies, le Diois, le Vercors, et enfin, les Bauges.
- Conclusion
Jour -1 – Direction la Charente.

La Charente..? Et oui, je profiterais de ce voyage pour aller rendre visite à mes grands parents que je n’ai pas vu depuis longtemps. Environ 700km pour traverser la France d’Est en Ouest afin de pouvoir passer une partie de la journée du Samedi avec eux avant de me diriger vers Pau point de départ du groupe. Je me trace donc un itinéraire jonglant entre plaisir et découpage de km.
Sac prêt, 30L pour faire tenir 8 jours de route, quelques outils pour prévoir une re-tension de chaine car je viens de changer tout ca, et de l’huile… je crois qu’elle en est accroc… …et des affaires de pluies ? dont on aura pas besoin, ou presque.

Nous sommes vendredi matin, départ assez tot en direction de Saint Etienne et plus particulièrement MontBrison ou je sortirais des voies rapides, pas de petites routes sur cette liaison, elles me sont déjà bien connues et l’air de rien, ca en fait des bornes… Le plaisir commence ici, avant une courte pause.
J’attaque par la D496, puis 996, Mont-brison, Amber, Saint Nectaire, c’est toujours un plaisir, ca réveille, c’est joueur, roulant et les paysages sont magnifiques.

« Vous sentez les genêts ? » ©
Il commence à faire faim, je croise une boulangerie non loin du Lac Chambon il est temps de faire une petite pause. Un sandwich au jambon de pays vite engloutis, le temps de faire quelques photos et je me dirige en direction du col de la Croix Saint Robert, malheureusement une partie de la route était fermée mais quel plaisir d’enfin y voir quelque chose (voir Auvergne 2021). J’y suis allé à de nombreuses reprises, à moto, en voiture, je n’y avais encore jamais vu de ciel bleu. Ca y est, c’est fait ! enfin ! et quel plaisir pour les yeux (et les roues !).



Sur le retour par la vallée de Chaudefour, on peut apercevoir encore un peu de neige sur les sommets de la station super-besse.

La fin de la récréation se fait sur la rive nord de la Dordogne, la route n’est pas terrible mais la vue est chouette un court instant.

Je reprend la direction de l’autoroute pour abréger la fin mais suite à une erreur de manipulation du GPS, je me retrouverais à traverser Brive la Gaillarde aux heures de pointe… ca, c’était pas prévu, et je m’en serais bien passé.
Me voila en Périgord limite Charente, ca y est nous y sommes, dans ces régions de France ou les routes sont nules, en mauvais état, étroites, et dangereuses à souhait. L’arrivée à l’hôtel est un soulagement. Sur la place du village, une scène est montée, apparemment ce soir c’est concert. Je discute avec la patronne de l’hôtel autour d’un Perrier tranche qui me dit que le concert serait plutôt une diffusion de musiques douteuses et bien trop fort, arf, tant pis pour la soirée. Une panne intégrale de réseau dans le coin et une scène qui diffuse une playlist… discutable, pas de doute, c’est l’heure d’aller pioncer.
Jour 0 – L’heure des retrouvailles.
Ne sachant pas trop à quelle heure je pourrais arriver sans déranger, je vise un départ de l’hotel à 9h, c’est un peu chiant, n’ayant pas trouvé d’hôtel dans le village ou se trouve la maison de retraite, je dois m’équiper complètement pour m’y rendre.. on fera avec.
Je resterais avec mes grands parents jusqu’à 15h, le temps passe vite et je dois être à Pau à 18h. Vu la tronche des routes, je ne perdrais pas de temps à éviter l’autoroute qui est horriblement chère.. mais au moins il n’y a pas de radar caché et ca me permet de gagner beaucoup de temps pour en passer plus avec eux… Oui mais.. c’était sans compter sur ma veste en cuir qui décidera de s’ouvrir en grand toute seule après m’être redressé… arrêt obligaoire sur la BAU pour tenter de débloquer le zip et de la refermer correctement. Ca commence !
Arrivé à la maison d’hote, celle-ci est très belle, dans un petit village MAIS ! Une erreur de recherche sur google m’indique qu’un restaurant est présent dans le village alors que celui-ci est en fait fermé depuis plus de 10 ans. L’hôte nous réserve le repas pour 21h dans un restau pas très loin, ouf, sauvé. Je profite du temps dispo pour faire le point sur l’état du Tuono et… celui-ci a déja mangé un max d’huile. J’avais bien prévu un bidon, mais je ne m’imaginais pas qu’il faille déjà en faire l’appoint. Ca risque d’être chiant sur les routes.. on verra.

Jerem et Alex arrivent vers 20h, tout souriants malgré la journée passée sur l’autoroute, on décharge la voiture et les motos rapidement pour être à l’heure pour manger et, après un bon repas bien mérité, il est temps de se reposer, demain c’est le jour avec le plus grand nombre de KM (enfin officiellement, parce qu’on verra plus tard que finalement, ca ne sera pas le cas).
Jour 1 – direction Espelette et début de notre Trans-pyrénéenne.
On traine un peu pour partir, le petit dej n’était pas incroyable, quelques dernières vérifications mécanique sur nos braves montures, Alex a quelque difficultés pour choisir sa veste, avec ou sans doublure, plutot ouverte ou plutot fermée, plutot rentrée ou plutot sortie ? (C’est qu’il prend de l’age le garçon, il devient frileux) Pendant que Jerem’ s’apercevra qu’il lui manque une brosse à dent, on trouvera bien un magasin ouvert un dimanche, la veille d’un jour ferier pour corriger ca ( 😀 ).



Avant notre départ, notre hôte nous demande dans quelle direction nous allons et elle fait bien, une grosse partie de la première route est fermée pour travaux, elle nous indique une option permettant d’éviter Pau. Cette première liaison nous permettant de rejoindre Espelette est sans intérêt, voir même chiante, c’était prévu mais ca m’a quand même marqué.
On s’est bien trainé et avons pris pas mal de retard, on prend quand même le temps d’une pause sandwich au lac de Saint-Pée avant d’attaquer les belles routes. Histoire de commencer le voyage sur une bonne note, une semelle baladeuse sur une des bottes de Jerem commence à nous jouer un doux air de claquette à chaque pas, a défaut d’être pratique, ca aura au moins le mérite de bien nous faire marrer. Il faudra donc s’arrêter pour une brosse à dent ET de la colle néoprène qui s’avèrera plus dure à trouver que prévu !
On passe rapidement la frontière avec l’Espagne pour rejoindre le col d’Ispegi (ou Izpegi, Izpegiko), s’en suis une petite route parfaite pour un SMCR, on fera alors une pause au lac du barrage d’Eugie coté espagnol, mais nous ne pouvons pas trop trainer il reste beaucoup de route.




Au détour d’un col Espagnol et en changeant de vallée, nous arrivons face à un énorme Orage, celui-ci n’était pas prévu et en regardant la trace GPS, j’ai un espoire qu’on le contourne, j’essai d’augmenter légèrement le rythme mais en vain, nous arrivons pas très loin et commençons a prendre quelques goutes. Pour l’instant pas de pause, j’ai encore espoir qu’on s’en éloigne sauf que je fais une erreur de navigation et qu’on ne prendra pas la bonne route… On retourne vers l’orage mais heureusement, celui-ci semble aller dans la même direction que nous, on restera donc derrière lui sans jamais passer en dessous. ouf !

Nous arrivons au col de Larrau sur une route détrempée, mais les bonhommes toujours secs, la haut, la vue est belle, l’atmosphère est pesante avec les nuages, j’aime beaucoup. Demain nous reprendrons cette route et si cette fois la météo est bonne, ce sera sous un ciel bleu. En revanche pour l’instant, il devrait nous rester une boucle à faire que nous déciderons de supprimer car au loin, l’orage gronde toujours très fort, plus fort que le Tuono.. c’est quand même gonflé.





Arrivé à l’hôtel sous un grand soleil.. comme quoi, il s’en passe des choses en 30km, le patron avait zappé notre réservation du restau mais nous propose de patienter avec une bière le temps de nous arranger une table. Le bruit y sera assez casse pied, la faute à un groupe de motards assez conséquent. J’y (nous ?) découvrirais la garbure, la vrai, celle d’une confrérie. C’est bon, ca ressemble à un pot au feu mais en bien meilleur (cela dit c’est pas dure, j’aime pas le pot-au-feu..), certainement par l’ajout du lard et du canard, entre autre. Petit plaisir supplémentaire, la piscine était normalement fermée mais on nous y autorise l’accès si nous n’y faisons pas trop de bruit, après autant de route, ca fait beaucoup de bien même si l’entrée dans l’eau et la douche ont été une bonne partie de rigolade, cékéléfroidecetteO !

Jour 2 – Col de Larrau, la Pierre Saint-Martin, col du Somport, col du Pourtalet.
Ce matin, tout le monde a bien dormis, on décide donc d’ajouter le segment manquant d’hier soir à notre itinéraire du jour. Nous avions entendu que le gros groupe de BM allait partir vers 9h30, et, histoire de s’éviter le bordel de leur départ, nous décidons de partir à 9h. Après un cafouillage lié aux placement des points de passage sur le GPS, on file direction le col d’Aphanitzé. La montée n’est vraiment pas roulante mais alors niveau paysage, c’est vraiment beau ! Au détour d’un virage surgis(sant de nul part..) un énorme vautour qui planera quelques secondes à nos cotés, mais n’étant pas encore morts il passera son chemin. Un autre tourne sur notre droite. Première fois que j’en croise un, c’est vraiment beau à voir voler, belle bête ! On traversera plusieurs troupeaux, chevaux, moutons, vache, contrairement aux alpes, dans les Pyrénées les bêtes sont en libertées et il n’est pas rare de les croiser sur les routes.





Nous revenons sur nos pas par le col d’Iraty, la, la route est un billard, vraiment joueuse. Au détour d’une micro-pause photo, nous aurons la première chute d’un destrier, en voulant la béquiller, celle-ci tombera dans l’herbe, sans bobo mais avec des rires comme souvent.


Le dernier col de la vallée est imprononçable, débrouilles toi, mais il a un arrêt de bus 😀


Nous repassons le col de Larrau cette fois sous le soleil, comme promis par la météo, et ben finalement l’ambiance avec les nuages ajoutait un petit quelque chose. voyez plutôt 🙂


Le paysage très rocheux menant à la Pierre Saint Martin est vraiment chouette, Jerem, ce poête y verra même un coeur dans un arbre mort, c’est beau la nature. Nous y passons la fameuse route à 360 degrés dont j’ai souvent entendu parler. Du coté Français, il n’y a vraiment aucune activité, la station est fermée, pas un commerce, pas une voiture, rien, ca fait tout drôle.





Sur la redescente nous suivrons un gars qui pratique le longboard. Je couperais le moteur pour admirer le spectacle, c’est vraiment impressionnant, parfois ca ne passe pas loin d’une voiture en sens inverse, la prise des épingles tout en glisse, parfois en s’aidant des mains, d’autre en faisans confiance à la gravité… sacré activité.
En nous dirigeant vers le col du Somport, je louperais une station service, tout le monde est en réserve, on ne prend pas de risque on emprunte un tunnel qui évite le col direction une station service mais…
PUTAIN MAIS C’EST QUOI CES TUNNELS ?! Ca caille a mort à l’interieur !
Le plein fait, on remonte au Somport,


La station est également morte et il se fait faim, on a repéré une ville en bas, nous y ferons une pause et, avec un peu de chance, le auchan qui y est ouvert aura de la colle pour les semelles de Jerems qui sont maintenant deux à faire des claquettes.. Mais non, pas de bol, il n’y a rien.
Un petit tour à pied nous permet d’admirer le batiment d’une ancienne gare ré-affectée comme hotel.


La route entre le Somport et le Pourtalet coté espagnol n’a vraiment aucun intérêt si ce n’est de les relier « rapidement », la redescente coté nord est plus belle et j’y trouverais un peu de neige pour faire chier Jerem 😀


Nous rejoignons l’air bnb qui se trouve au dessus d’une quincaillerie ! Elle est la notre chance de trouver de la néoprène, c’est con, on s’était habitués aux bruits de claquettes. Elle ouvre à 8h demain matin, on fera le collage avant d’aller prendre notre petit dej.
Il y a plusieurs restau sur la place du village et le choix des pizzas gagnera. Leur tronche ne me plait pas, une fois n’est pas coutume je choisirais l’option salade, et j’ai bien fait 😐
On passera la soirée en compagnie des mouches, le patron nous explique que c’est un vrai fléau dans le village tant que les bêtes ne montent pas en alpage.
Jour 3 – Un peu de tourisme, un gros détour.
Aujourd’hui, c’est la journée la plus courte en distance, 215km planifiés pour nous permettre de marcher un peu dans quelques unes de nos destinations.
Jerem se procure de la colle à la quincaillerie, on fait l’atelier collage avant d’aller à la boulangerie pour leur laisser le temps de sécher. Quelques pains au cho.. Chocolatines et deux trois autres viennoiseries, il y a de quoi se faire un Thé dans la chambre, on fera avec. En rentrant à la chambre on découvre Jerem debout dans ses bottes, on se demande ce qu’il attend « ben que ca sèche, y’a écrit presser pendant 10minutes »… non, il y a écrit « attendre 10min avant de presser fermement », a défaut, ca nous aura bien fait rire.

La journée commence par un but mémorable, on attaque le col d’Aubisque, la route qui y monte est géniale, le tour de France y étant passé l’année dernière, le goudron y est impeccable, oui mais arrivée en haut la route qui fait la jonction avec le col du Soulor est fermée… Eut-il été utile de le préciser EN BAS. le personnel la haut me dit qu’ils n’y sont pour rien, c’est le département qui gère ca. La route est éboulée, pas d’ouverture prévue dans la journée, ils m’indiquent de passer par la vallée de Ferrières qui permet de remonter au Soulor, ce que nous ferons mais nous perdrons une bonne heure et demis pour le détour, sans compter que la route est elle vraiment catastrophique, rapiécée, et pleine de graviers.





En haut du col nous pourrons contempler de loin celle qui aurait du nous servir, il se fait faim et nous trouverons un foodtruck dans la ville d’Aucun ou nous ferons une pause Burger. Les panses bien remplies, il nous reste encore 200km… soit la journée à faire en une après midi, c’est con, pour une fois que j’avais prévu pas trop de route pour visiter.

Nous prenons la direction de « la route des cascades » au sud de Cauterets, effectivement elles y sont très belles et les récentes chutes de neige et forte chaleures en cours leur donne un débit conséquent. On s’arrêtera prendre des photos à plusieurs d’entre elles.


Direction le cirque de Gavarnie. Une petite marche nous attend pour nous en approcher mais le manque de temps ne nous permet pas d’aller aussi loin que prévu.

Je déciderais de supprimer le point permettant de rejoindre le lac artificiel des Gloriettes pour aller directement au Tourmalet.
Un peu déçu par ce dernier, la route y est très roulante et en mauvais état, pas très virolante.. pas de chance a notre arrivée la haut, les nuages se seront accrochés sur le pic du midi que nous ne vérons donc pas.


Le temps de faire quelques glissades dans la neige (le dos du blouson est bien plus efficace qu’un pantalon !), nous prenons la direction de l’hôtel en passant par le très beau col d’Aspin ou nous croiserons enfin un motard sur autre chose qu’un triste Trail, un énorme sac à dos et un GSXR.



L’accueil a l’hôtel est un peu particulier, j’avais effectivement oublié la réservation du restau et me voit reproché l’utilisation de Booking.. la mise en avant de l’IA qui va remplacer le personnel de l’hotel.. oulala.. La chambre est probablement la pire que nous avons eu depuis le début, la douche très old school, pas de joint dans le pommeau ca fuit de partout, les ampoules qui claquent ca va qu’on y restera pas… Alex a même manqué de se prendre une botte tombée du ciel sur la tronche, pile quand Jerem, lui, cherchait ou la sienne était passée. J’aurais aimé voir la tronche du patron qui a vu une botte passer devant sa fenètre. Il nous faut donc trouver un restau pour manger ce soir, et se reprendre les motos pour s’y rendre…

jour 4 – Y’a des jours sans..
Contrairement à l’état de l’hôtel, le buffet du petit dej était beau et bien préparé maison, ca fait plaisir. On discute un peu route avec le patron qui me dit que la route des gorges d’Ainsa est vraiment jolie, ca tombe bien, on y passe.
Aujourd’hui nous prenons la route en direction de l’Espagne ou nous dormirons ce soir.
A quelques KM de l’hôtel, un panneau nous signale que le tunnel que l’on doit emprunter ferme entre 10h et 13h pour un exercice, je regarde mon compteur et vois 9h45, j’accéléré le rythme puis me souviens qu’il retarde de 25min.. la lose. On arrive face à une barrière fermée, je regarde mon téléphone et sur le moment je ne trouve pas d’alternative.. Un peu colère, je fini par m’assoir avec mon téléphone + GPS pour trouver une alternative. J’en trouve une qui finalement ne nous fera pas perdre trop de temps, mais on rate la route des gorges d’Ainsa. On passe par le col du Portillon puis arrivé à Vielha en Espagne et le sort s’acharne.. c’est le bordel en ville, gros embouteillages, à un rond point la police ferme une route.. route que nous devions emprunter pour rejoindre l’itinéraire prévu. Heureusement, un des policiers présent parle francais, il y a eu un gros accident dans le tunnel, il est fermé pour 30/45min… raaah.
On se gare en ville et se pose en terrasse, on boit un coup avec Jerem et Alex en profite pour manger.
Nous retournons au rond point une heure plus tard et… pas mieux, la policière nous répond qu’elle n’y est pour rien et qu’elle aussi se serait bien passée de faire le pied de grue devant la route.. on insiste pas, on se gare pas très loin et a l’ombre pour surveiller leurs ordres, il restera fermée une bonne heure de plus mais le détour nous en aurait de toute manière fait perdre bien plus.
Le tunnel réouvre, un petit coup de colier pour ne pas se retrouver derrière tous les semis qui attendaient de pouvoir passer et nous voila repartis.
Encore une fois j’ai mal interprété les cartes et nous nous retrouvons sur une grosse nationale, avec quelques virages mais ca reste un peu somnolent malgré tout. Nous avions décidé de tenter quand même de retourner sur la route d’Ainsa, pour voir ce que nous avions raté et je m’aperçois au niveau d’un barrage qu’on aurait du tourner bien avant pour la rejoindre.


Jerem n’est pas chaud pour faire demis tour, Alex ne se prononce pas vraiment, moi je sais que si je n’y vais pas je vais me demander ce que j’ai raté.. je propose de les laisser aller à l’hotel, et de les y rejoindre plus tard mais finalement on part tous les 3 vers Ainsa… et c’est une 3eme erreur qui se présente.
S’ajoute à ca qu’en repartant, mon tableau de bord se transforme en sapin de Noel et affiche un énorme panneau et point d’exclamation rouge « arrêtez vous dès que possible »… bon… je m’arrête, coupe le contact, pas d’odeur, pas de problème apparent… peut être un coup de chaud ? En remettant le contact le message n’apparait plus mais j’ai un voyant moteur qui reste allumé, je tente de voir si je peux trouver le code d’erreur dans le tableau de bord et rien.. par contre un message « Insert Key 2 » apparait et refuse de disparaitre sans compter qu’en plus, si je coupe le contact, le tableau de bord reste allumé.. incroyable, quand ca veut pas… et c’est pas fini. La route est absolument sans intérêt, c’est également une grosse nationale, décidément, j’aurais bien merdé sur les tracés en espagne, j’aimerais cela dit comprendre ou est-ce qu’on ne s’est pas compris avec le patron de l’hotel, a moins que ca n’ai été une vengeance pour l’IA, Booking, toussa toussa…
Le reste des routes entre Tremp et Oiliana sera plutot cool (L-511) mais nous étions crevés et n’en avons pas vraiment profité, dommage.





Arrivé à l’hôtel, le contact ne se coupe toujours pas sur le tuono, mais j’ai faim, j’suis crevé, je préfère qu’on aille manger avant. Alors que nous avions choisis un restau et que nous nous y dirigions, le patron de l’hôtel nous croise dans la rue et nous dit que lui, il irait plutôt là-bas, leur viande et leur pizza sont bien meilleures. Piège ou vrai info ? on tente.
On pousse la porte du restau et un douce mélodie de Système of a Down remplie les lieux, c’est déjà un très bon début, il font de la viande au poids, maturée, on part la dessus avec Alex et pas décu, les pièces de viande étaient très bonnes, tout le monde est bien rempli.

Il faut maintenant rentrer pour tenter de débrancher la batterie sur la moto en espérant que ca réinitialise le code d’erreur affiché. Semblerait que ce soit un bug sur mon modèle, croisons les doigts. On arrive effectivement remettre à 0 le compteur, le code moteur apparait toujours mais au moins le compteur s’éteint, c’est déjà bien.

Remis de cette journée particulière, une douche, au lit demain j’ai une mission particulière à accomplir.
Jour 5 – Un peu de magasinage, un tour en canicule puis un retour vers l’ariège.
Depuis la liaison entre la Charente et Pau, la fermeture éclaire de ma veste n’aura cessée de s’ouvrir par surprise sur les routes, si au début j’arrivais à trifouiller pour qu’elle se ferme, plus nous avancions et moins j’y arrivais, il fallait alors être 2, un qui tien bien paralèlles les glissières, et un qui tente de fermer le plus doucement possible la fermeture avec le curseur… une galère. Coup de bol ou pas, nous sommes a quelques KM de l’Andore qui comporte un concentré de magasins d’équipement de moto a des prix très interessants, j’avais pas prévu ca tout de suite mais ca faisait un moment que je voulais ré-assortir ma veste à la moto, ce sera l’occasion de le faire.
Initialement je voulais y aller solo tôt le matin et les laisser prendre leur temps mais finalement, ils veulent m’accompagner, départ donc à 9h00 histoire de ne pas perdre trop de temps. Le petit dej était très bon même si Alex aura pris le dernier croissant au chocolat !! On reprend les motos, le voyant moteur est toujours la, nous ne passeront pas très loin de perpignan dans l’après midi, si ca s’empire on trouvera bien un concessionnaire qui peut mettre un coup de valise sur la moto.
On fait un premier magasin, rien ne me convient, un deuxième a deux pas et la, pas mal de modèles correspondent à ce que je cherche, plusieurs essais et c’est vendu, je suis donc de nouveau noir et rouge, assorti au Tuono ! Il faut maintenant trouver une solution pour transporter mon ancienne veste que je ne compte pas jeter mais faire réparer, un fillet elastique fera le boulot jusqu’à mon retour en Savoie.
La route redeviendra joueuse en France à partir de Font Romeu, nous croiserons le petit train jaune (le canarie?) qui parcours les gorges dans les pyrénées.

J’avais préparé un détour dans la région de Perpignan pour aller voir les Orgues d’Ile sur Têt ainsi que les gorges de Galamus, si les premiers ne nous ont pas vraiment conquis, pas aidé par les température avoisinants les 37 degrés, les gorges elles sont très sympa bien que très courtes à parcourir. Pas sur que ce détour en valait la peine, mais maintenant c’est fait. L’arrivée au Orgues d’Ile sur têt, nous étions également le plus a l’Est de notre traversée des Pyrénées, ce qui validait notre Transpyrénéenne.




Direction la maison d’hôte en Ariège, on espère un peu tous qu’il y fera plus frais, dès que les paysages arides s’effacent, c’est le cas, l’herbe, les arbres, ca fait du bien. Très bien accueillis par les hotes, leur maison est dans une ancienne colonie de vacances, perdue dans un tout petit village de 20 habitants. Après avoir copieusement lancé une guerre de pets entre les chambres, nous nous sommes aperçu que nous n’étions pas seuls sur le palier et que nous allions partager un très bon repas en compagnie d’un couple à discuter de tout et de rien, nous ont-ils entendu ? je pense que oui… ils n’étaient en tout cas pas rancuniers…
Jour 6 – Ca sent la fin…
Toutes les bonnes choses ont une fin il parait, oui mais voila, moi je trouve ca nul comme concept, alors je ne m’arrêterais pas la.
Un très bon petit dej pris, encore quelques discussions avec nos hotes, il ne nous reste pas beaucoup de KM car j’arrête le roadbook en plein milieu des Pyrénées, les copains continuerons en direction de la première maison d’hote ou nous avons laissé leur remorque et voiture, moi, je repartirais dans l’autre direction, au plus loin possible pour gagner du temps pour le lendemain.
Passage par la route des corniches et ses quelques magnifiques paysages et le col de Port, le dernier me concernant dans la région.




Une petite boucle supplémentaire entre Oust et Aulus-les-bains, pas incroyable mais elle permetra de faire durer le plaisir. On trouve un petit restau/snack à emporter à Saint Giron, après une petite galère pour trouver un espace au bord de l’eau pour manger au calme un dernier repas, je déciderais en douce que je m’arrêterais la et ne ferais pas les 60km restant avec eux ou j’avais prévu qu’on se sépare, histoire gagner un peu de temps.

Je regarde la route et, de toute manière, il n’y a pas grand chose à faire, je ferais au plus direct sans emprunter l’autoroute, je trouve un hotel, ils ont bien une chambre, arrivée prévu avant 21h.
Je montre un peu trop vite fait la route que j’avais prévu de leur faire prendre avant qu’on se sépare à Alexis, un au-revoir bien trop rapide, et c’est parti pour 4h de route.
Traverser l’Hérault, c’est chiant, il n’y a rien, les routes sont droites… mais les noms de villes et villages y sont curieux :


Arrivé à l’hôtel a l’heure malgré une panne d’essence imminente, une heure plus tard, un gros orage éclatera, encore un auquel j’aurais échappé, ouf ! Pas très faim grace à la Paela très copieuse de ce midi, j’esquive le repas de l’hotel et prépare ma route retour, pas mal de belles choses à voir, ca va faire pas mal de KM mais je n’ai pas encore arrêté si jallais le faire en une ou plusieurs fois. On verra en direct. Les copains sont eux bien arrivés à la maison d’hote, extinction des feux.
Jour 7 – L’ardèche, les Baronies, le Diois, le Vercors, et enfin, les Bauges.
Début de la fin par les gorges de l’Ardèche et Valon pont d’Arc, ca faisait un moment que je n’y avais pas mis les pieds, ca a bien changé, c’est devenu très aménagé, les sociétés de location transportent les touristes à coup de cars pour les emmener à leur kayak, c’est l’usine. J’arrive suffisamment tôt pour que la route, elle, ne soit pas trop encombrée contrairement a la rivière. Quelques beaux points de vues aux différents bélvèdères aménagés permettent d’admirer ses méandres.




J’enchaine ensuite sur le mont Ventoux, c’est la deuxième fois que je m’y rend, la précédente je n’avais pas eu le temps d’en faire la traversée, c’est chose faite. Ascension par Malaucène, plutôt calme, assez sympa, arrivée en haut c’est un beau bordel, un mélange de cyclistes entre touristes, amateurs et confirmés qui s’entremêlent.. La redescente en direction de Sault est sport, ca dépasse dans tous les sens à la montée et à la descente, moi au milieu de tout ca je ne savais pas trop ou me foutre… ca m’a un peu vacciné, heureusement que de l’autre coté c’était plus sympa.

Je traverse une grande partie des Baronnies en direction du Diois et me re-retrouve en réserve au pire moment. Je n’avais pas vu que mon comodo de selection était erratique et faisait un peu ce qu’il voulait, il avait donc remis à 0 le trip sans que je m’en apercoive et je n’avais donc plus l’indication correct des KM parcourus, la réserve s’est donc allumée a un moment ou je ne m’y attendait pas. Ce problème a probablement été causé par le gros orage de la veille.
Mise à l’arrêt et recherche d’une station service, les 2 premières étaient fermées et ou désafecté, après 38km passés sur la réserve (chose que je pensais impossible), je fini par tomber sur le super U de Nyons. ouf, sauvé.
Entre temps j’ai quand même découvert les Gorges d’Aulan, le canyon est très beau et par moment, il fait penser au colorado avec ses roches. Il y a un beau chateau qui les surplombe



J’entre dans le Diois par Luc sur diois et le saut de la drome, au loin, de gros nuages noirs semblent être sur le Vercors, et, plus j’avance plus ca se confirme. Arrivé à Die, c’est sur, ca va me tomber dessus. La route du col de Rousset est complètement trempée, je profite du tunel pour me changer, prend quelques photos de l’autre coté, fais entre 5 et 10km pour me re-retrouver sous un soleil de plomb… Probablement le sort qui s’est dit « tien, histoire qu’il n’ait pas pris ses vettements de pluie pour rien ! ».

Je profite d’une pause à Pont en Royan pour me changer de nouveau. Je remonterais par les gorges de la Bournes mais je ne passerais finalement pas par la chartreuse. Arrivé au niveau de Grenoble, ce sera Autoroute jusqu’à Chambéry ou je sortirais pour rentrer par le col de Plainpalais et traverser les Bauges.




Je profiterais du passage devant la fruitière pour me prendre une tomme de Brebis, déjà par Nostalgie ? et rentrerais doucement mais surement à la maison a 20h30 après presque 11h de route dans les pates.
Conclusion
Les Pyrénées, c’est beau, c’est sauvage, c’est bien plus calme que les Alpes. Peut être même un peu trop mort parfois ? Est-ce que c’est la période qui veut ca ? D’après les locaux, ca ne changera pas beaucoup l’été, les moments ou ils sont le plus vivants sont lors du tour de france, et l’hivers lorsque les stations sont ouverte.
Parlons en du tour de France, s’il est bénéfique dans bien des cas pour la remise en état des routes, je suppose qu’il est quand même très impactant pour celles ou il ne passe pas. C’est bien simple, partout ou il est passé les routes sont des billards, en revanche la ou il ne passe pas, elles sont vraiment dans un triste état.
J’ai préféré l’ouest à l’est, et contrairement aux Alpes, j’ai trouvé que les petits cols (Aspin, Ispegy, Larrau…) étaient bien plus sympa que les grands (Tourmalet, Pourtalet) que ce soit pour les routes ou les paysages.
Ce Roadtrip en Chiffres, c’est :
- ~2200km dans les Pyrénées
- ~3700km au total
